Un peu d'histoire.

Bonjour,
Voici donc une nouvelle page.
J'ai, depuis quelques temps, un certain nombre de photos et documents qui font partie de l'histoire d'Erbéviller mais que je ne souhaite pas faire figurer à la suite des articles de la vie courante du village. La raison en est simple: chaque article écrit vient à la suite des autres et au bout d'un moment, le lecteur ne remonte plus très loin en arrière et ces écrits pourraient être oubliés. C'est un peu l'inconvénient d'un blog qui ne permet pas d'avoir de sous rubriques dans une page.
Je réfléchis à la transformation de tout cela en un vrai site; c'est en préparation.
Revenons donc à l'histoire en toute modestie. Mais tout de même, il y a des choses intéressantes, du moins je le crois.

Les habitués des promenades autour d'Erbéviller ont certainement vu au bord d'un sentier à l'est du village, à proximité de ce qui reste du "Château des Sarrazins", au lieu dit "La Maidran", une pierre tombale portant un certain nombre de caractères gravés dont beaucoup ne sont plus lisibles. On peut lire assez facilement ce qui suit: SIGISBERT G et deux années: 1767 - 182. dont le dernier chiffre est illisible.

La pierre telle qu'on peut encore la voir aujourd'hui

Bien sûr, il n'y a plus de témoin de l'époque et les archives détenues à Erbéviller sont en nombre restreint et postérieures à 1914.
Il faut chercher dans les archives départementales de Meurthe et Moselle-Registres paroissiaux et d'état civil numérisés pour avoir des indications précises sur cet homme. Les prénoms commençant par "S" ne sont pas légion et en consultant les tables récapitulatives des décès à partir de 1820, il est relativement facile d'identifier le personnage en cause.
Son acte de décès figure sur les registres d'état civil d'Erbéviller (page 558) en dixième position de l'année 1826. Les deux initiales S pour le prénom et G pour le nom permettent de s'assurer qu'il s'agit bien de Sigsbert Gouvenez.
Voici reproduit intégralement avec les fautes d'orthographe le texte de l'acte:

"L'an mil huit cent vingt six le troisième jour (écrit dans la marge) du mois de décembre a onze heure du matin pardevant nous adjoint officier d'état civil de la Commune d'erbéviller en labsence du maire; département de la meurthe Canton de Saint Nicolas Sont comparu Francois Gouvenez propriétaire a Sornéville agé de cinquante six ans et christophe Burtin âgé de cinquante un an propriétaire a Sornéville beau frere a Govenez, les quels nous ont déclaré que le troisième jour du mois de décembre a huit heure du matin quil avait trouver Sigistbert Gouvenez âgé de cinquante huit ans veuve dame husson et des défund jeanclaude Gouvenez et jeneviève Burtin les père et mère a Sornéville; et décédé au chemin au dessu de la maidran banc d'Erbeviller et décédé le trois décembre dans la nuit du matin, d'après nous etre assuré du décé avec les autorité civil, les déclarant ont signe avec nous le present acte de décès après que lecture leur en a eté fait"

Suivent les signatures de Christophe Burtin, François Gouvenez et de l'adjoint, L.Henry

Cet acte de décès a été transmis à Sornéville, lequel acte a été transcrit sur le registre d'état civil de cette commune (page 824) avec une écriture plus facile à lire que sur le registre d'Erbéviller.

Aucune précision n'est apportée quand au motif du décès et à la raison pour laquelle cette pierre tombale a été implantée à l'endroit ou Sigisbert Gouvenez a été découvert mort.

Sigisbert était né le 8 novembre 1768 à Sornéville de Stanislas Jean-Claude Gouvenez et Geneviève Burtin  et baptisé le même jour par L.Lebel, chanoine régulier Curé de cette paroisse.

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Au cours de mes ballades dans la nature autour d'Erbéviller, j'ai découvert des restes de constructions dont certaines permettent encore de deviner qu'elles ont été utilisées au cours de la première guerre mondiale à cause de  leur forme et des lieux où elles se situent.
Je resterai discret sur les emplacements pour éviter un déferlement de "poêles à frire" dans nos environs, encore que ces endroits ont certainement été visités au cours des décennies précédentes.
Deux de ces abris (car je pense que ce furent des abris à munitions) sont encore dans un relatif bon état, deux autres étant presque totalement comblés par la végétation.
Les voici en images.

      



On distingue ici l'entrée à gauche avec à sa droite une ouverture qui aurait pu être une aération. L'eau couvre une bonne partie du fond de cette construction.










Le même abri en entier.Aujourd'hui à ciel ouvert, ce type de construction était totalement fermé sur le dessus. On distingue, à la limite de l'eau (glace au moment de la prise de vue), des formes demi arrondies faites avec des tôles nervurées qui formaient le toit donnant à ces "caves" la forme de demi tonneaux.










Sur ce deuxième vestige comblé par la végétation, on peut encore voir les pierres supérieures, mais il faut le savoir!















Une autre vue de ce même abri.














Le troisième, dans un état sensiblement comparable au premier.











Les formes nervurées et demi arrondies des tôles (tôles "Métro") qui fermaient l'ensemble sont bien visibles à droite et au fond.
Quand les tôles étaient en place, le tout était recouvert de terre pour faire un ensemble homogène avec l'environnement.










Le dernier est dans le même état que le deuxième. Et sert de décharge occasionnelle!












Si les photographies sont difficiles à interpréter, on se rend compte sur place qu'il s'agit bien du même genre de construction.







On peut penser que ces ouvrages ont été utilisés notamment pendant la bataille du Grand Couronné.
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Aujourd'hui, les registres de l'état civil sont parfaitement  tenu à jour par les mairies. Mais au 18ème siècle, les religieux étaient responsables de la tenue de ces registres sur lesquels sont inscrits dans l'ordre de leurs survenues les baptêmes, décès, et promesses de mariages. L'écriture, l'orthographe et la ponctuation de cette époque n'ont rien à voir avec ce qu'on utilise (devrait utiliser) aujourd'hui.  
C'est ainsi qu'en 1710, la bénédiction de la cloche de la paroisse est inscrite à la suite de naissances/baptêmes.
Je transcris ci-dessous le texte de cette bénédiction tel que j'ai pu le déchiffrer (certains mots sont illisibles) avec l'orthographe de l'époque et la ponctuation inexistante.

"L'onzieme Decembre mil sept cent dix La benediction de la Cloche de la paroisse d'herbeviller a eté faite par le Sr bastien Doyen de St hylaire et de la Chretienté de St nicolas de port denommé a cet effeit par Monseigneur de Camilly eveque et Compte de Toul Le parrain a eté le Sieur de Lesouvre Conseiller du roy et Lieutenant general au bailliage de Vic -(illisible)- par Jean Pierre Pichon fils du Ser. Pichon -(illisible)- de La paroisse de remereville et la marraine a eté Damme anne Therette de ...regie de St André epouse du Sr. Compte Conseiller du roy et son -(illisible)- des finances a Vic representé par Jeanne -illisible- Pichon fille du susdit Sr. Pichon La dite benediction faite en presence du Sr. Jamin Curé dudit Lieu des Srs. deroliers Maitre fondeurs demeurant a Lenecourt (orthographe incertaine) bailliage de bourmont Soubligné et ladite cloche a eté nommé anne."

Suivent un certain nombre de signatures dont on peut lire dans certaines les noms.
  

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